Urgence environnementale : Déclaration CGT au CT du 07.04.2022

A l’occasion du Comité Technique du 7 avril 2022, la CGT se positionne pour un engagement fort du CD 78 face aux enjeux urgents d’environnement.

Lors de l’étude du projet d’évolution de l’organisation de la « direction du développement » vers la direction de l’environnement et du développement » les représentants CGT ont tenus les propos liminaires suivants :

Déclaration CGT au Comité Technique du 7.04.2022 :

La question du développement durable est particulièrement importante.
Pour la CGT, c’est défendre l’intérêt de tous les agents que de défendre la préservation de notre planète, et l’intérêt de toute la population que de défendre un service public qui s’empare activement de cette préoccupation à tous niveaux.
C’est fort de ces enjeux que nous allons quelque peu développer le propos à ce sujet.

Nous le savons tous, le contexte est particulièrement inquiétant.
Les rapports du GIEC qui se succèdent montrent que nous ne nous donnons collectivement pas les moyens de respecter les accords de Paris.
Pour rappel, ces accords visaient à éviter que les températures moyennes à la surface du globe ne dépassent 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Cela passe par l’objectif d’une division par deux des émissions de gaz à effet de serre entre aujourd’hui et 2030, et l’atteinte de zéro émissions nettes de CO2 à l’échelle mondiale à l’horizon 2050.

2030 c’est demain et les objectifs fixés il y a 15 ans ne sont absolument pas en voie d’être respectés.
Au lieu de diminuer, les émissions de gaz à effet de serre sont en augmentation.
La marche est de plus en plus haute pour atteindre les objectifs et cette marche risque à très court terme de devenir un mur…

Nous ne nous donnons collectivement pas les moyens de respecter les accords de Paris et cette responsabilité est collective.
Si l’engagement individuel citoyen est important, il ne pourra pas suffire à pallier l’absence ou le manque d’engagement des grands acteurs et décideurs.

Or, deux décisions de justice ont condamné l’Etat pour inaction climatique en 2021.

Cela montre à quel point nous partons de loin, et l’urgence d’agir pour les grands acteurs dont fait partie notre collectivité et ses établissements publics.

De nombreuses démarches sont engagées par notre collectivité, tout d’abord en termes de communication et de cheminement dans la prise de conscience collective. C’est également le cas sur l’absence d’intrant chimique pour les espaces verts et sur la préservation de biotopes dans les mares. Des actes forts sont également affichés sur le plan de construction ou de reconstruction de 15 collèges visant notamment à diminuer la consommation énergétique de plus de 40 %.
Dans le même temps, nous avons vu lors d’une réunion bilan de l’externalisation des missions restauration en collège que nous avions du retard sur les objectifs en matière de développement produits bio, de label et de produits locaux.
Nous avions alors particulièrement insisté lors de cette réunion pour que la collectivité se dote des moyens et des orientations volontaristes nécessaires pour atteindre ces objectifs.

Pour la CGT, tout ce qui peut aller dans le bon sens en matière de développement durable nous l’encouragerons.
Cette réorganisation présentée en instance comporte certaines améliorations, cependant, elles ne sont pas suffisantes.

Nous considérons qu’elle aurait dû aller plus loin en termes de portage politique, d’objectifs et de moyens.

Les questions environnementales pourraient être attachées à une vice-présidence qui ne soit pas la 12ème roue du carrosse, elle pourrait avoir une direction pleinement dédiée. Plutôt que d’avoir la DED au nom peu flatteur, la « Direction du Développement Durable » serait plus signifiant.

Le symbolique lorsqu’il est conforté par les moyens nécessaires peut permettre des avancées très significatives dans la transition écologique.

Le Conseil départemental peut notamment contribuer davantage à l’action en matière de développement des énergies vertes, de captation des gaz à effet de serre, de réduction de l’émission de méthane, de développement de la finance verte.

Cette politique peut et devrait être pensée de façon transverse à toutes les directions.
La question de la réduction des émissions de gaz à effet de serre en repensant les transports par exemple se pose dans toutes les directions, bien au-delà des services en charge de l’aménagement du territoire, des bâtiments et des services RH. Comment faciliter le recours aux transports en commun de la population et des agents de notre collectivité, non par la contrainte, mais par l’incitation ? Comment encourager le développement du recours au télétravail ? Comment concevoir l’organisation du territoire en circuits courts, pour les produits, mais aussi pour les personnes ? Comment optimiser les déplacements ?
Cet angle du transport est bien entendu à démultiplier sur l’ensemble des autres aspects (consommation énergétique, recyclage, etc…).

Surtout, la réorganisation projetée pourrait avoir un renfort de moyens bien plus conséquent pour véritablement pouvoir s’appuyer sur des compétences en interne nécessaires à la transition écologique.
Nous pourrions alors développer les actes forts nécessaires vers la transition écologique plutôt que l’affichage.

De plus, ce qui nous gêne dans l’organisation projetée est la place faîte à la mission développement immobilier qui doit porter la SEM Yvelines Développement vers un « portefeuille d’actifs immobiliers de plus de 90 millions d’euros d’ici 5 ans ».
Cette orientation s’apparente plus à un accroissement d’un jeu de Monopoly géant plutôt qu’à une démarche volontaire vers la transition écologique.

Autre point, le transfert annoncé in fine des brigades vertes vers le GIP Seine et Yvelines Environnement participe de l’éclatement toujours plus important de notre collectivité en pièces de puzzles éparses sur fond de multiplication de structures juridiques.
Cela rend plus opaque les missions menées et dénature notre service public.
De plus, le volet insertion de ces brigades vertes devrait à notre sens rester pleinement dans le giron de notre collectivité dont c’est l’une des missions principales.

Nous demandons que notre collectivité mette un coup d’arrêt à ces réorganisations multiples où nous voyons régulièrement un morceau du puzzle de notre service public partir ailleurs.

Pour l’ensemble de ces raisons, nous nous abstiendrons sur ce dossier.

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